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Disparition inquiétante de Lina, 15 ans, en Alsace
"Elle prenait sa douche quand je lui ai dit au revoir depuis le couloir. Elle était tellement heureuse… Et puis, plus rien." Sept mois et demi que Fanny Grol vit dans une attente insoutenable. Ses amis et des inconnus organisent encore plusieurs battues par semaine dans l’espoir de retrouver sa fille Lina, âgée de 15 ans au moment de sa disparition, le samedi 23 septembre 2023, sur le chemin de 3 km séparant le domicile familial de la gare de Saint-Blaise-la-Roche (Bas-Rhin), le long de la D350. En vain, pour l’heure. Mais, alors que l’enquête semblait piétiner, "Sept à Huit" a recueilli, dans un reportage diffusé ce dimanche 12 mai, le précieux témoignage de Louane, 17 ans, cousine proche de la disparue, qui n’a, étonnamment, toujours pas été auditionnée par les enquêteurs.
"Lina, c’est comme ma sœur, confie-t-elle à TF1 dans un sourire aussi triste qu'attendri. C’est ma confidente et ma meilleure amie. On partage tout ensemble, on fait tout pareil. C’est une chipie, une petite fille pleine de joie. Quand on se voit, on est trop heureuses." La dernière fois en date, c’était lors de vacances communes en famille en Tunisie, un mois et demi avant la disparition. "On était tout le temps ensemble, poursuit-elle. On parlait de l’avenir. On se demandait ce qu’on ferait quand on serait plus grandes. On s’imaginait qu’on vivrait proches l’une de l’autre, qu’on aurait des chevaux…" Selon elle, "Lina était trop proche de sa mère pour avoir pu fuguer, même avec un copain".
Si elle n’avait, a priori, aucune raison de s’enfuir, entre son CAP aide à la personne et sa relation fusionnelle avec Tao, jeune ouvrier de 19 ans rencontré via une amie commune, l’adolescente avait, en revanche, déposé plainte pour viol en réunion contre deux jeunes hommes, de 19 et 20 ans, le 27 juin 2022. Une affaire classée sans suite au printemps 2023, pour "infraction insuffisamment caractérisée". "Elle m’en a parlé un mois et demi après les faits, témoigne aujourd’hui sa mère auprès de "Sept à Huit". Elle a vraiment fait en sorte de ne rien montrer, pour ne pas m’inquiéter ou me faire de la peine. Mais elle a fini par en parler parce qu’il semblerait qu’elle ait subi des déferlantes d’insultes suite à ce viol."
Selon nos informations, Lina aurait été harcelée pendant plusieurs mois, de vive voix et sur les réseaux sociaux, à partir du printemps 2022. Ce que confirme, pour la première fois, Louane face à la caméra de "Sept à Huit" : "Au départ, je pensais que c'étaient des copines, des filles jalouses d’elle, mais ensuite, elle m’a dit que ça n’avait rien à voir, que c’était par rapport à sa plainte qu’elle se faisait harceler. Elle ne m’a jamais dit par qui. Je n’ai pas vu les messages, mais elle me disait ‘il y en a qui me menacent de mort’, ‘il y en a qui menacent la famille’, ‘il y en a qui menacent d’entrer chez moi et de me choper’."
"Je lui ai demandé de me montrer ces messages mais elle ne voulait pas. Enfin, elle n’osait pas, je pense. J’ai l’impression qu’elle voulait régler ça toute seule, sans y mêler d’autres gens, pour les protéger, reprend sa cousine. Lina essayait de garder ça pour elle, mais le soir, elle y repensait beaucoup, elle me le disait quand elle n’arrivait pas à dormir. Je lui demandais pourquoi ça l’inquiétait autant et elle me répondait : ‘J’ai peur qu’ils le fassent vraiment.’."
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Hasard ou coïncidence : outre les menaces de mort, la jeune fille aurait subi deux vols à la même période, dont le dernier datant du mois d’août 2023. "On voit bien que la porte du garage a été forcée avec un pied de biche, montre sa maman à notre caméra. Ils ont sorti la moto avec l’antivol dessus. On a tout de suite pensé que quelqu’un voulait du mal à Lina et que c’était ciblé. C’est ce que j’ai dit ensuite aux gendarmes, mais ils ne m’ont pas prise au sérieux."
Ces événements sont-ils liés ou s’agit-il d’un concours de circonstances ? Une certitude : les enquêteurs ont récemment décidé de rouvrir l’affaire de viol classée sans suite cinq mois avant la disparition de Lina. "Elle était consentante, j’ai des snaps qui prouvent qu’elle était bien avant et après (les rapports sexuels). (…) J’ai aussi été interrogé pour la disparition, j’ai un alibi : j’ai fait une vidéo sur Snapchat à l’heure où elle a disparu, j’étais dans mon lit", indique à "Sept à Huit" l’un des deux jeunes hommes mis en cause dans ladite plainte. L’autre n’a pas répondu aux sollicitations des auteurs du reportage.
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[Courte citation de 8% de l'article original]